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Couverture du n°524-525 des Cahiers de l'Actif

Le travail social indépendant : libération ou libéralisation ?

Sociologie et Anthropologie Travail social

(…) Le champ du travail social a commencé à se reconfigurer dans le dernier quart du XXème siècle, alors qu’il commençait à subir la montée du néolibéralisme dans l’appareil d’État. Au nom de l’indépendance du travail social, de nombreux professionnels en ont alors appelé à un renforcement de l’ « État-Providence » pour protéger leurs secteurs de la loi marchande du plus fort. D’autres, en revanche, dénoncent le fait que « l’art de la surveillance apparaît comme la voie la plus « moderne » du pouvoir », les actes et les populations étant de plus en plus soumis au contrôle du panoptique gestionnaire sur lequel s’échafaude l’appareil d’État contemporain. D‘autres professionnels encore tentent de déserter tout rapport de subordination salariale en expérimentant différentes formes de travail social indépendant. Mais ce que révèlent ces différentes positions, c’est que tous et toutes ont une exigence principale : travailler avec l’autonomie adéquate pour soutenir les personnes accompagnées dans le développement de la leur. Tous et toutes cherchent un modèle plus émancipateur d’activité, qui puisse pallier aux défauts des différents encadrements du travail social.

20 Août 2020

Couverture du n° Postures assignés postures revendiquées du Journal des anthropologues

Les « talveras », ou les marges comme espaces de résistances ? Retour sur la socio-anthropologie des polarités de Bernard Eme.

Philosophie Sociologie et Anthropologie

Commentaire à partir du texte de Bernard Eme, 2011, « Postures assignées, usages revendiqués de la talvera », in Journal des anthropologues, n° « Postures assignées, postures revendiquées », Hors-série, p. 21 – 49, disponible en ligne : https://journals.openedition.org/jda/5725.

La compréhension du monde social tient davantage de l’analyse de ses tensions internes, entre différentes polarités, que de l’explication linéaire et déterministe. Ainsi, les choses peuvent parfois prendre longtemps avant de faire sens pour le sujet planté dans un champ social. Ce n’est souvent qu’en s’éloignant du centre de ce champ qu’il ou elle, adoptant une autre posture, un autre regard, découvre des significations jusqu’alors inaperçues. C’est un peu ce qu’il s’est passé pour moi, qui aie redécouvert ces dernières semaines les implications de ce texte, rédigé par mon ancien professeur, Bernard Eme (1948 – 2015), peu de temps avant sa disparition. J’avais lu et même relu ce texte, il y a plusieurs années, pendant mes études de sociologie et d’anthropologie, et pendant mes recherches sur les pratiques des travailleur.euse.s sociaux. Mais il n’a jamais eu autant de sens que maintenant où je me retrouve moi-même pleinement en marge à la fois de la recherche universitaire, et de la pratique professionnelle de terrain, traçant mon chemin en suivant la talvera, la bordure, de ces différents champs… Voici un premier retour, à chaud, sur cette invitation à une socio-anthropologie des polarités, comme disait Bernard, à la « flânerie » en marge des champs institués…

05 Juin 2020