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Le manifeste de Marx et Engels

Politique

03 Mai 2026

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Couverture du livre Le manifeste communiste

Note de lecture de :

Friedrich Engels, Karl Marx, Le manifeste communiste, 1963 [1848], in Œuvres. I. Economie I, Paris, Editions Gallimard, Coll. « Bibliothèque de la Pléiade », édition présentée et commentée par Maximilien Rubel, p.157-195.

Après la fondation de la Ligue des communistes, Marx et Engels se voient confier la rédaction d’une profession de foi. Ils échangent, s’appuient sur les Principes du communisme d’Engels (note de lecture ici), mais c’est Marx qui finit seul de rédiger ce Manifeste dans l’hiver 1847-1848, avec le sentiment d’une certaine urgence du aux agitations politiques qui grondaient, et qui allaient déboucher sur le Printemps des peuples en 1848. Ce texte reste un « manifeste » c’est-à-dire qu’il ne s’appuie pas à proprement parler sur une argumentation philosophique ou sur des données empiriques, contrairement à la plupart des autres livres de Marx et Engels. Le but de ce manifeste était d’être un texte court pouvant servir à diffuser sous une forme synthétique les idées communistes émergentes auprès des acteur.rice.s du mouvement ouvrier.

Les auteurs justifient leur démarche en expliquant que le communisme était une sorte de « spectre » ou de « légende » : au moment où il commence à être reconnu comme une « puissance » par ses adversaires, il importe qu’il pose désormais ses idées (p.161). Dans la première partie du texte, les auteurs expliquent en quoi la bourgeoisie a incarné une force révolutionnaire qui a permis de dépasser les structures économiques du passé : elle a fait émerger la manufacture puis la grande industrie. Cependant en suivant cette logique la bourgeoisie a également engendré l’apparition d’une classe de travailleurs qui s’oppose de plus en plus ouvertement à elle : le prolétariat… Dans la 2e partie, les auteurs expliquent donc le rapport que les communistes entretiennent avec la classe ouvrière, dont ils doivent être les conseillers, les moteurs, en vue de renverser la société bourgeoise. Dans la 3e et dernière partie, les auteurs exposent ce qui distinguent les communistes des autres divers courants socialistes existant à l’époque.

1. Bourgeois et prolétaires, p.161

« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours, c’est l’histoire de luttes de classes ». Il y a une lutte continue entre « oppresseurs et opprimés », une opposition ouverte (p.161), ou cachée, qui entraîne soit la révolution soit la ruine des deux camps (p.161-162).

La « société bourgeoise moderne » reproduit les antagonismes mais elle les renouvelle en produisant de nouvelles classes, de « nouvelles conditions d’oppression », et en simplifiant de plus en plus les antagonismes en opposant deux camps ennemis (p.162).

Depuis la découverte de l’Amérique et l’émergence du commerce colonial, l’ancien mode de production, féodal et corporatif, est remplacé par les manufactures avec leur division du travail. Elles seront dépassées par la grande industrie, ses millionnaires et « chefs d’armées industrielles » que sont les « bourgeois modernes » (p.162-163).

La bourgeoisie moderne est le « produit » d’un long développement (p.163). Ce dernier a accompagné une émancipation politique progressive jusqu’à ce que la bourgeoisie détienne le pouvoir dans l’État moderne :

« le pouvoir d’État moderne n’est qu’un comité qui gère les affaires communes de toute la classe bourgeoise » (p.163)

Pour ces raisons, la bourgeoisie a joué un rôle révolutionnaire dans l’histoire : elle a contribué à désacraliser et désenchanter le monde, à tout noyer dans « l’eau glaciale du calcul égoïste » (p.164), « à ne laisser subsister d’autre lien entre l’homme et l’homme que l’intérêt tout nu » (p.163-164). Elle a « dépouillé de leur sainte auréole » les activités « vénérables » et a transformé en salariés des professions nobles (p.164). Elle révolutionne constamment la production et les conditions sociales :

« La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, donc les rapports de production, donc l’ensemble des conditions sociales (…) Ce qui distingue l’époque bourgeoise de toutes les précédentes, c’est le bouleversement incessant de la production, l’ébranlement continuel de toutes les institutions sociales, bref la permanence de l’instabilité et du mouvement » (p.164).

Pour assurer ses débouchés et se procurer des ressources la bourgeoisie s’étend au monde entier : c’est l’émergence de ce qu’on appellerait la mondialisation (p.165). Elle soumet les « barbares » à sa civilisation tout comme elle soumet les campagnes aux villes (p.165-166). Elle engendre sans cesse une concentration économique et une concentration politique :

« La bourgeoisie supprime de plus en plus l’éparpillement des moyens de production, de la propriété et de la population. Elle a aggloméré la population, centralisé les moyens de production et concentré la propriété dans un petit nombre de mains. La centralisation politique en a été la conséquence fatale » (p.166).

La bourgeoisie a créé des forces productives en masse, après avoir dépassé celles, insuffisantes, qui avaient permis son développement durant la féodalité (p.166-167). Néanmoins, les décennies récentes voient les résistances et les crises économiques se multiplier, parce que les institutions bourgeoises vont bientôt être dépassées :

« Les institutions bourgeoises sont devenues trop étroites pour contenir la richesse qu’elles ont créées » (p.167).

Mais la bourgeoisie n’a pas seulement engendré les « armes » qui la détruiront, elle a engendré ceux qui s’en serviront, les prolétaires (p.168). Le prolétaire doit se vendre « morceau par morceau » et dépend des fluctuations du marché. Le machinisme et la division rendent le travail peu attrayant : « le producteur devient un simple accessoire de la machine ». Le salaire se dégrade et le travail s’intensifie. Ces « soldats de l’industrie » encadrés par les officiers sont esclaves de « l’État bourgeois » autant que de la machine et du contremaître (p.168).

Le prolétariat se constitue avec différentes « classes » déchues par les grands capitalistes. Il connaît un processus de développement qui démarre avec la lutte contre la bourgeoisie. La lutte est d’abord localisée, puis les ouvriers forment une « masse » mais qui est davantage due à l’union des bourgeois qu’à la leur (p.169).

Cependant, la grande industrie et le machinisme nivellent les conditions de travail et les conditions de vie du prolétariat aggloméré en masses : ce dernier sent sa force grandir. Le machinisme précarise les ouvriers. Ils forment petit à petit des « coalitions » puis des « associations durables » et les conflits prennent l’aspect de « collisions entre deux classes ». Les conflits donnent parfois des victoires éphémères aux ouvriers, mais « le vrai résultat » des luttes c’est l’union progressive et de plus en plus étendue des ouvriers grâce aux progrès des moyens de communication (p.170) : « toute lutte de classes est une lutte politique ». Mais la constitution en un « parti politique » est longue et difficile du fait de la concurrence entre les ouvriers (p.170).

La bourgeoisie industrielle lutte contre toutes les classes qui freinent le progrès industriel national : elle enrôle les prolétaires dans ses luttes mais elle lui donne des armes qu’il peut retourner contre elle, et les fractions des classes dominantes précipitées dans le prolétariat apportent « des éléments de culture », de même qu’une partie de la bourgeoisie, ayant compris le « mouvement général de l’histoire ». Seul le prolétariat est révolutionnaire : les autres « dépérissent et s’éteignent avec la grande industrie ». Les « classes moyennes » ou petites-bourgeoises luttent contre la bourgeoisie (p.171) pour préserver leurs intérêts : elles sont conservatrices voire réactionnaires car elles « cherchent à faire tourner en arrière la roue de l’histoire » (p.171). Ces classes ne deviennent « révolutionnaires » qu’en défendant leurs « intérêts futurs » (et non présents) et en adoptant la position du prolétariat (p.171-172). La « pègre » plutôt destinée à se laisser acheter par les réactionnaires peut aussi se laisser entraîner par une révolution.

« Les conditions de vie de la vieille société sont déjà anéanties dans les conditions de vie du prolétariat » : il n’a pas de propriété, ses liens familiaux sont différents de ceux des bourgeois, il est dépouillé de sa nationalité par le travail industriel et « l’asservissement du capital », « les lois, la morale, la religion sont pour lui autant de préjugés bourgeois, qui dissimulent autant d’intérêts bourgeois » (p.172).

« Les prolétaires n’ont rien en propre, rien à sauvegarder » : ils doivent abolir l’ancien « mode d’appropriation » par lequel les classes asservissaient la société. Contrairement aux mouvements passés où une minorité prenait le pouvoir en défendant ses intérêts, « le mouvement prolétaire est le mouvement autonome de l’immense majorité dans l’intérêt de l’immense majorité » (p.172). Ce mouvement est d’abord, dans la forme, une lutte nationale (p.172).

« Pour pouvoir opprimer une classe, il faut lui assurer des conditions telles qu’elle puisse au moins préserver son existence servile ». Par le passé, les classes opprimantes devaient maintenir les opprimées. Les ouvriers au contraire deviennent des « pauper », et le paupérisme se développe : les ouvriers sont déchus, tellement bas que les conditions de la société bourgeoise ne tiennent plus, la bourgeoisie doit nourrir les ouvriers au lieu que ce soit l’inverse : la société bourgeoise ne tient plus (p.173).

Pour dominer, la bourgeoisie doit poursuivre l’accumulation du capital, dont la « condition » est le salariat, qui repose sur la concurrence des travailleurs entre eux. La bourgeoisie est ainsi le « véhicule passif et inconscient » du développement de la grande industrie. Mais celle-ci rompt l’isolement des travailleurs et finira par saper le pouvoir de la bourgeoisie (p.173).

2. Prolétaires et communistes, p.174

Les communistes n’ont pas d’intérêts distincts de ceux du prolétariat, ils en sont juste l’élément mobilisateur, et ils conçoivent le mouvement. Leurs buts sont la « constitution du prolétariat en classe, renversement de la domination bourgeoise, conquête du pouvoir politique par le prolétariat » (p.174). Les communistes doivent en un sens conseiller le mouvement ouvrier.

Ce qui caractérise le communisme n’est pas la volonté d’abolir toute propriété mais bien d’abolir spécifiquement la « propriété bourgeoise » en tant qu’ « expression (…) du mode de production et d’appropriation fondé sur des antagonismes de classes, sur l’exploitation des uns par les autres » (p.175).

Les communistes ne cherchent pas à abolir la petite propriété acquise par le travail (artisans, classes moyennes, petits patrons), et pour cause : c’est la grande industrie qui s’en charge. La propriété privée est une accumulation de capital rendue possible par le travail salarié, qui, lui, n’acquiert pas de propriété (p.175).

Être capitaliste, c’est une« position sociale » autant que « personnelle », car le capital ne se constitue que par l’action de plusieurs personnes : « le capital n’est pas une puissance personnelle, c’est une puissance sociale » (p.175-176). Les salariés ne tirent qu’un misérable salaire de leur travail, à peine suffisant pour reproduire leur vie. Il n’est pas question d’abolir cette « appropriation » vitale, si ce n’est son caractère misérable. « Dans la société bourgeoise, le travail vivant n’est qu’un moyen d’augmenter le travail accumulé (…) », dans la société communiste c’est l’inverse. « Dans la société bourgeoise, le passé domine donc le présent ; dans la société communiste, le présent domine le passé (…) » (p.176).

Dans la société communiste, la liberté bourgeoise aura  certes disparu car elle n’est que la liberté du « commerce sordide » de même que la propriété, qui est déjà abolie pour la plupart de la population (p.176-177). La « personne » pour les bourgeois est le « propriétaire bourgeois » avant tout : cette personne sera certes « supprimée ». « Le communisme n’enlève à personne le pouvoir de s’approprier des produits sociaux ; il n’ôte que le pouvoir de s’assujettir, par cette appropriation, le travail d’autrui » (p.177).

Les bourgeois déplorent aussi le recul de la culture, mais « la culture dont il déplore la perte est pour l’immense majorité un dressage pour en faire des machines » (p.177-178). Toutes les idées dominantes de « liberté », de « culture », de « droit »…, sont bourgeoises, ne traduisent que les « nécessités matérielles », les « intérêts » de la classe bourgeoise.

De même pour la famille que les communistes critiquent : le modèle dominant, épanoui, est fondé sur « l’acquisition privée » (p.178). Les communistes veulent abolir « l’exploitation des enfants par les parents », on leur reproche de vouloir substituer aux liens familiaux une « éducation sociale » mais l’éducation bourgeoise est déjà une éducation « déterminée par la société ». Les communistes ne cherchent donc pas à « inventer » l’intervention de la société dans l’éducation. Les bourgeois instrumentalisent déjà les enfants dans leurs commerces, leur économie (p.178-179).

On reproche aux communistes de vouloir la communauté des femmes, alors qu’il s’agit pour eux au contraire de « faire cesser un état où les femmes occupent le rang de simples instruments de production ». En outre la « communauté des femmes » existe déjà sous forme de « prostitution officielle ou non officielle », dans les mariages mondains bourgeois par exemple (p.179).

On reproche également aux communistes de vouloir abolir la nationalité. « Les travailleurs n’ont pas de patrie. On ne peut leur prendre ce qu’ils n’ont pas », répondent les auteurs. Le prolétariat doit s’ériger en une « classe nationale » mais pas au sens bourgeois (p.179-180).

Les différences et « antagonismes » entre nations s’estompent avec le développement de l’économie bourgeoise : le prolétariat les fera disparaître « plus radicalement », car on supprime l’exploitation des hommes les uns par les autres (p.180).

Les idées évoluent avec les conditions matérielles : « la conscience des hommes change en fonction de leurs conditions de vie, de leurs rapports sociaux, de leur existence sociale » : la « production intellectuelle » se transforme, en même temps que la « production matérielle ». Les idées dominantes sont celles de la classe dominante. Il peut arriver que les « éléments » d’une société naturelle se forment, et qu’ils hâtent « la dissolution des vieilles idées », qui va de pair avec la « décomposition des anciennes conditions de vie » (p.180).

On peut avoir le sentiment que le communisme veut dissoudre les « vérités éternelles » telles que « liberté », « justice », etc… En réalité, l’histoire des sociétés est continuellement traversée par les antagonismes entre dominants et dominés : pas étonnant que la « conscience sociale », malgré les diversités, évolue en conservant « certaines formes communes ». Avec le communisme et la fin des antagonismes, les idées traditionnelles seront fortement remises en cause (p.181).

Le « premier pas dans la révolution ouvrière » est « la conquête de la démocratie ». Le « prolétariat organisé en classe dominante » deviendra l’État qui centralisera les instruments de production au détriment de la bourgeoisie, ce qui ne peut se faire sans « attenter despotiquement au droit de propriété et aux rapports de production bourgeois » (p.181-182), c’est-à-dire à mettre fin à l’exploitation du plus grand nombre par une minorité.

Dans « le cours du développement », la production doit se concentrer « entre les mains des individus associés » et le « pouvoir public » perd son caractère politique : « le pouvoir politique au sens strict du terme est le pouvoir organisé d’une classe pour l’oppression d’une autre » (p.182-183). Le prolétariat doit instaurer les conditions d’un dépassement des antagonismes de classes : sa propre domination est censée s’auto-abolir. Dès lors, « l’ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses conflits de classes, fait place à une association où le libre épanouissement de chacun est la condition du libre épanouissement de tous » (p.183).

3. Littérature socialiste et communiste, p.183

Le socialisme réactionnaire, p.183

Le socialisme féodal, p.183

L’aristocratie en lutte contre la bourgeoisie moderne cherche à s’attirer les sympathies des travailleurs exploiteurs : ainsi émerge le « socialisme d’esprit féodal » (p.183), et ses discours de « jérémiade et pasquinade, échos du passé et grondement de l’avenir ». Les aristocrates ont une critique « réactionnaire » de l’ordre bourgeois, et lui reprochent d’avoir engendré un prolétariat révolutionnaire. Le « socialisme chrétien », son allié, n’est qu’un pauvre « vernis » (p.184), évoquant peut-être aussi le christianisme social :

« Rien n’est plus facile que de poser un vernis socialiste sur l’ascétisme chrétien. Le christianisme n’a-t-il pas flétri, lui aussi, la propriété privée, le mariage, l’État ? N’a-t-il pas prêché au contraire la charité et la vie en guenilles, le célibat et la mortification de la chair, le cénobitisme et l’Église ? Le socialisme chrétien, c’est l’eau bénite dont le prêtre asperge les chagrins de l’aristocrate » (p.184-185).

    Le socialisme petit-bourgeois (p.185)

    Les petits bourgeois sont « intermédiaires » entre bourgeois et prolétaires, mais plus souvent « complément » pour la société bourgeoise. Certains prennent parti pour les ouvriers mais de leur point de vue petit bourgeois. S’ils ont bien analysé que le système économique, leurs préconisations en revanche sont « réactionnaires et utopiques » à la fois (p.185-186).

    Le socialisme allemand ou socialisme « vrai » (p.186)

      Les philosophes allemands ont rendu abstraits les principes du socialisme en important la littérature française, et en se mettant à spéculer (p.186-187), en traduisant et en inscrivant « leur non-sens philosophique » sur ces principes. Ils sont persuadés de défendre ainsi « l’être humain, l’homme tout court, l’homme qui n’est d’aucune classe, d’aucune réalité, et qui n’existe que dans le ciel nuageux de l’imagination philosophique » (p.187). Le socialisme  vrai se met à critiquer la société bourgeoise, qui n’est pas encore établie en Allemagne, il défend en fait la petite bourgeoisie contre la bourgeoisie industrielle émergente, jusqu’à s’en prendre aux ouvriers ou à la radicalité communiste, derrière des envolées sentimentales et spéculatives (p.188-189).

      Le socialisme conservateur ou bourgeois (p.189)

        Une partie de la bourgeoisie cherche à « pallier les tares sociales, afin de préserver la société bourgeoise », tels que les philanthropes, « humanitaires, améliorateurs du sort de la classe ouvrière, organisateurs de la bienfaisance (…) ». Ce « socialisme bourgeois » veut conserver la société moderne, « sans les luttes et les dangers qui en découlent nécessairement » (p.189). Il veut convaincre le prolétariat qu’il n’a pas d’intérêt à la révolution et que finalement « les bourgeois sont des bourgeois dans l’intérêt de la classe ouvrière » (p.190).

        Le socialisme et le communisme utopiques et critique (p.190)

          Les débuts de la littérature révolutionnaire (de Fourier à Saint-Simon) émergent à une époque où le prolétariat est « embryonnaire » et elle ne lui attribue pas de rôle historique, cherchant plutôt des « lois sociales », une « science sociale » pour tenter de faire advenir les conditions de l’émancipation des opprimés (p.190-191). Cette littérature a une approche encore idéaliste, ne voit le prolétariat que comme masse souffrante, et se croît au-dessus des antagonismes, souhaite améliorer l’ensemble de la société, et en appelle pour cela plutôt aux classes dominantes (p.191-192). Cette littérature préfère l’action pacifique plutôt que révolutionnaire. Du point de vue théorique elle a quand même fait des apports au mouvement ouvrier dans la critique du système (p.192). Plus le mouvement se développe, moins cette littérature est importante car en défendant ses doctrines et ses utopies, elle en devient réactionnaire (p.192-193).

          Position des communistes vis-à-vis des différents partis d’opposition (p.193)

            Les communistes défendent les intérêts des ouvriers, et cherchent à représenter « l’avenir ». Ils s’allient avec différents groupes selon les pays. En Allemagne une révolution bourgeoise approche. Les communistes appuient les mouvements révolutionnaires contre la propriété, contre l’ordre existant, sans faire secret de leurs intentions (p.194-195).

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